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Grande-Vallée et Montmagny : garder contact grâce à la presse locale

Rendues disponibles par la BANQ, les archives numérisées du Journal Le Peuple de Montmagny font état du lien privilégié ayant existé entre les habitants de Grande-Vallée et ceux des villages de la Côte-du-Sud. Coup d'oeil sur quelques coupures de presse éloquentes.

Entre 1842 et 1870, plusieurs familles de Montmagny et de Cap-Saint-Ignace s’installèrent à Grande-Vallée, qui déjà en ce mitan du XIXe siècle, visitaient sporadiquement ses rivages depuis des dizaines d’années.

Je me suis toujours intéressé aux possibles relations entretenues entre ces familles émigrées et la parenté demeurée dans les « vieilles paroisses ». Est-ce que les néo-gaspésiens du temps, fondateurs de nos villages, ont gardé contact avec leurs proches? Sur quelle période? De quelle façon? Alors que la tradition orale et la mémoire familiale fournissent peu de réponses à ces questions, les journaux d’époque détiennent quelques clés intéressantes.

Rendues disponibles par la BANQ, les archives numérisées du Journal Le Peuple de Montmagny font état du lien privilégié ayant existé entre les habitants des deux localités, notamment à travers la chronique « Nouvelles du district ». Cette rubrique alimentée par des correspondants des comtés avoisinants contient de riches entrefilets relatant les actualités paroissiales, dont celles de Grande-Vallée. Effectivement, dès 1914 et ce, pendant une quinzaine d’années, des faits divers locaux étaient publiés dans l’hebdomadaire magnymontois, permettant d’informer le lectorat des allées et venues des citoyens, des naissances, décès et autres épisodes du quotidien.

Fait notoire, Grande-Vallée était l’un des seuls villages de la péninsule à diffuser des nouvelles dans ce journal. Ce n’est sûrement pas étranger au fait que les premiers habitants permanents de la localité étaient tous originaires de Montmagny et des environs. Voici quelques trouvailles faites au gré de mes recherches.

Visiter la parenté

Mgr Lafontaine en visite sur la Côte-du-Sud

L’édition du 12 octobre 1928 relate la visite de Mgr Lafontaine à ses nombreux parents de Montmagny. Arrière-petit-fils d’Étienne Fournier (pionnier de Grande-Vallée), Pierre Stanislas Lafontaine était curé (peut-être prélat domestique, selon la titulature utilisée) à Montréal.

L’auteur mentionne ses origines, le reliant au fondateur Guillaume Fournier, abordant au passage les croyances religieuses de ses aïeux et la fondation de Grande-Vallée.

Lors de son passage dans le chef-lieu de la Côte-du-Sud, l’abbé Lafontaine résida chez G.E. Fournier (Georges-Émile), le cousin de son grand-père Alexis. Il s’agit ici d’un indice probant des liens connus et entretenus entre les membres de la famille Fournier, malgré l’exil d’un de ceux-ci quelque 80 années plus tôt.

Chez les Côté

Chez les descendants de Marcel Côté, l’une des dernières familles à avoir quitté Montmagny pour Grande-Vallée, les échanges semblent avoir perduré longtemps avec leurs cousins. En 1914, M. et Mme J.E. Poirier visitent leurs cousins Joseph et Cléophas Côté. 

Quelques années plus tard, en 1922, le journal rapporte que ce dernier avait séjourné chez ses cousins Joseph Poirier et Arthur Côté. 






Donner des nouvelles de la paroisse

Ces chroniques étaient aussi l’occasion de rapporter les actualités paroissiales. Par exemple, dans l’édition du 7 décembre 1917, on apprend l’accident de M. Antoine Coulombe, renversé par son cheval. 


La petite histoire et la grande histoire s’y croisaient aussi, notamment dans ces quelques lignes soulignant le retour des champs de bataille du sergent-major Philippe Fournier. Ce dernier, fils d’Arthur S. Fournier (et non son beau-fils, contrairement à ce qu’il y est écrit), a combattu sous le drapeau canadien lors de la Première Guerre mondiale, aux côtés de ses frères Yvon, Cyrias et Willie.

Enfin, les « nouvelles du district » faisaient parfois office de répertoire nécrologique. Les funérailles de certains paroissiens y étaient décrites avec beaucoup de détails. L’extrait suivant évoque les obsèques de la jeune Maria Chicoine, fille de Charles Chicoine et Rose-Anna Fournier. L’auteur ne manque pas de souligner la foi de la défunte et ses qualités de bonne enfant de Marie, en plus d’énumérer les membres du cortège funèbre. 

À l’ère où les nouvelles circulent rapidement surtout grâce à l’instantanéité des réseaux sociaux, il serait facile de croire que nos aïeux vivaient dans une sorte d’hermétisme social ou médiatique. Or, il s’avère que les journaux foisonnaient de faits plus intéressants les uns que les autres sur la vie de tous les jours, permettant aux familles de garder une certaine forme de contact, grâce à l’apport d’un grand réseau de correspondants. 

Sources

Le peuple : organe du district de Montmagny, archives numérisées disponibles sur le site de la BANQ.

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